Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI

 

  Fille d’Etienne II, duc de Bavière, et de Thadée Visconti, Elisabeth de Bavière naît en 1371. Elle épouse, à quatorze ans, le 17 juin 1385 à Amiens, Charles VI. Les noces sont splendides. Tout le monde est sous le charme de la beauté remarquable d’Elisabeth, qui francise aussitôt son prénom allemand en Isabeau.

 

  Le couple est très populaire. Isabeau est très belle, son seul défaut est sa chevelure déficiente, qu’elle cache par son grand chapeau, le hennin, est sera bientôt imitée par toutes les dames de France.

 

  Jusqu’à la folie de Charles VI, il sont très unis. Isabeau ne s’investit pas vraiment à ce moment en politique. Elle donne à Charles VI, douze enfants :

 

-Charles (1386-1386)

-Jeanne (1388-1390)

-Isabelle (1389-1409)

-Jeanne de France (1391-1433)

-Charles (1392-1401)

-Marie (1393-1438)

-Michèle de France (1395-1422)

-Louis (1396-1415)

-Jean (1398-1417)

-Catherine de France (1401-1437)

-Charles (futur Charles VII) (1403-1461)

-Philippe (1407-1407)

 

  Après les premiers accès de folie de Charles VI, Isabeau est sur ses gardes. En effet, le jeune roi de vingt-cinq ans, la frappe et l’injurie, lors de ses crises. La reine tente tant bien que mal de conjurer cette maladie qui peut épuiser le roi et entraîner sa mort prématurée, ou du moins la mise en place d’un conseil de régence.

 

  En 1394, ils se séparent. Isabeau quitte leur logis commun, l’hôtel St-Pol, pour résider à l’hôtel Barbette. On présente à Charles VI Odette de Champdivers, qui va devenir sa maîtresse, et c’est la seule personne qui parvient à calmer les crises de folie du sombre monarque, qui vit reclus comme un ermite, avec d’autres personnes, Isabeau, ses oncles ou son frère qui dirigent le royaume. La reine ira tout de même rendre visite au roi lors de ses périodes de lucidité, et six enfants leur naîtrons encore.

 

  Malheureusement, le roi si diminué ne se rend compte de rien, se débat, frappe, entre dans de si violentes crises que certains esprits tentent en vain de le déposer, ou de l’assassiner. Mais sa personne est sacrée, et si quiconque tente de s’imposer à sa volonté, il s’attirera les foudres du Dieu Très-Haut.

 

  Voyant son fol de mari la bafouer, Isabeau se rebelle : elle prend un amant, qui n’est autre que le frère de Charles VI : Louis d’Orléans. Ensemble, ils dirigent le pays, malgré les nombreux désordres intérieurs.

 

  Il est assassiné treize ans plus tard, par son cousin, le fils de son grand-oncle, Jean sans Peur, duc de Bourgogne à la mort de son père.

 

  En 1413, Isabeau, sentant le danger monter pour elle, quitte la capitale avec ses enfants.

 

  Elle reste discrète, et, en 1415, une autre femme apparaît sur la scène du pouvoir : Yolande d’Aragon. Elle désire marier sa fille Marie au cinquième fils d’Isabeau, Charles de Ponthieu. Elle le prend en charge (il n’a que douze ans).

 

  En 1419, Henri V s’est emparé de Rouen, est risque de prendre Paris. Les événements se précipitent, Jean sans Peur, son pire ennemi, car assassin de son amant, est tué le 10 septembre, sur ordre du dauphin Charles.

 

 

  Le 20 mai 1420, a lieu le traité de Troyes. Isabeau déshérite « lâchement » son fils, le met hors jeu sur toute succession au trône de France, ce qui va lui attirer les foudres de la cour, mais la grande sympathie de l’ennemi britannique.

 

  A la mort de Charles VI et de Henri V, Isabeau perd son statut de régente. Charles de Ponthieu fait toute suite savoir sa volonté : il veut monter sur le trône de France, et bouter l’Anglais hors du territoire de son père.

 

  Bien vite apparaît Jeanne d’Arc qui va faire sacrer Charles VII roi de France en 1429. Isabeau va y être totalement indifférente et assiste au sacre d’Henri VI, son petit-fils, qui a dix ans, roi de France et d’Angleterre. Charles VII lutte, et gagne : le 21 septembre 1435 il signe le traité d’Arras où il chasse les Anglais et met fin aux hostilités Armagnacs-Bourguignons.

 

  Isabeau prend la chose très mal, car c’est le trépas de son rêve d’unité franco-anglaise. Elle en tombe malade, dit-on, et meurt le 29 septembre 1435, à 64 ans. Elle est inhumée à St Denis et son cœur à l’église des Célestins.

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