Marguerite d'Autriche, fiancée de Charles VIII

  Née le 14 janvier 1480 à Bruxelles, Marguerite est fille de Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne. Le 22 juin 1483, elle est fiancée au dauphin Charles, dont le père, Louis XI, va mourir deux mois plus tard. Ce mariage est la concrétisation du traité d’Arras, entre Maximilien et Louis XI.

 

  Elevée à la cour de France, à Amboise et à Plessis-les-Tours, Marguerite y reçoit une éducation solide et raffinée, qui sied à faire d’elle une reine. Enfant charmante, elle séduisait le peuple et le jeune roi Charles VIII, et était appelée « La petite reine » ou encore « La reine ». Elle concevait beaucoup de goût pour les arts et surtout pour la musique.

 

 

  Lorsque la jeune fille apprit le projet d’union entre son fiancé et la duchesse Anne de Bretagne, elle s’en serait plainte à Charles VIII, qui lui aurait répliqué que son père la lui avait choisie pour épouse, et « qu’elle fut sûre que tant qu’il vivrait il n’en aurait point d’autre ». Ses craintes s’apaisèrent tout à fait lorsqu’elle apprit, en décembre 1490, que la duchesse bretonne avait épousé son père, Maximilien, par procuration. Mais les pourparlers autrichiens n’avançaient guère et laissaient encore de l’espoir à Charles VIII.

 

  Malgré ses promesses, le roi de France continuait, sur les conseils de sa sœur, le régente Anne de Beaujeu, à s’engager pour une union avec Anne de Bretagne. Sans rien en dire à Marguerite, il organisa une entrevue avec la duchesse, le 15 octobre 1490. Les chroniqueurs dirent : « Elle ne lui plut guère ». Toutefois, ils se revirent le 17 novembre de la même année, et ils furent fiancés secrètement devant de rares témoins.

 

  Charles VIII décida d’aller en informer Marguerite. Le 25 novembre 1490, il alla la trouver à Baugé, en Anjou. Il pleura abondamment et il fut « plein de regret par le remords de sa conscience ». La petite reine réagit avec « un haut courage viril » et déclara que « sur lui seul en retomberait le reproche ».

 

 

  Marguerite d’Autriche resta quelque temps en France. Le 12 juin 1493, elle signa à Senlis un traité où elle s’engage à renoncer définitivement à épouser Charles VIII.

 

  En mars 1497, elle épousa Juan d’Espagne, fils de Ferdinand d’Aragon. Il n’eurent que quelques mois de vie commune, car Juan mourut d’une chute de cheval le 7 octobre de la même année, laissant sa veuve enceinte d’un fils mort-né.

 

  Très affectée, Marguerite regagna les Pays-Bas où elle était née. Elle mit alors beaucoup d’ardeur à sa passion pour la musique, composant elle même de nombreux airs.

 

  Le 4 décembre 1501, son père la remaria à Philibert le Beau, après des mois de pourparlers. Elle devint alors duchesse de Savoie. Marguerite s’entoura d’une cour d’artistes. Atteint de pleurésie, Philibert mourut prématurément en 1504. Sa veuve, après lui avoir fait élever un monument funéraire à l’Eglise de Brou, se retira aux Pays-Bas deux ans plus tard. Elle en devint régente, s’occupant également, jusqu’en 1517, de ses neveux dont celui qui deviendra Charles Quint.

 

 

 

  Marguerite fut une conseillère exemplaire pour son neveu devenu empereur en 1519. Elle fut une des instigatrices de la Paix des Dames signée en 1529, avec Louise de Savoie (mère de François 1er) et sa fille Marguerite de Navarre.

 

  Marguerite mourut le 1er décembre 1530 et fut inhumée à Brou.

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